mardi 22 mars 2011

NOS PATRIMOINES EN ENFER...

A quelques jours du célèbre Paris-Roubaix cycliste, nos chercheurs-randonneurs sont allés découvrir la mythique "tranchée d'Aremberg", une longue ligne droite qui n'en finit pas, véritable saignée au coeur de la magnifique forêt de Raismes-Sabatier, un chemin étroit formé de pavés torturés, inégaux, hors-niveau, usés par les millions de pieds et de roues qui les ont martelés ou avalés dans la douleur ou la rage de vaincre.
Cette randonnée, le jour du Printemps, était celle de tous les paradoxes: au départ, l'image bucolique de cavaliers préparant leurs montures pour une randonnée dans cette magestueuse forêt domaniale de Raismes que nous allions traverser aussi; un arrêt-buffet dans le petit village de Hasnon où les coureurs respirent une dernière fois avant de s'engouffrer dans cette terrible "trouée d'Aremberg" que les mineurs de Germinal empruntaient naguère pour rejoindre les puits de mines de Wallers où ils descendaient pour de longues et pénibles heures de travail, de souffrances et de peur.
Au bout des trois kilomètres pavés de la "tranchée", nous comprenions mieux ce que peuvent ressentir, endurer, souffrir, ces valeureux sportifs , pour espérer gagner la plus grande course cycliste du monde. Quant à nous, également sportifs mais enclins à des objectifs bien différents,nous avons apprécié, une fois de plus, nos patrimoines qui font de la France le plus beau pays de la planète si l'on veut bien le regarder de près: ses forêts où la nature reprend, avec le printemps, ses plus belles lettres de noblesse, ses églises et petites chapelles qui jalonnent harmonieusement les prés et les champs, ses terrils et chevalets qui nous rappellent qu'en dessous des milliers de femmes et d'hommes y ont laissé leur santé ou leur vie pour faire de la France une des plus grandes puissances industrielles de la planète, et ses géants qui feront, comme chaque année, une haie d'honneur aux participants du Paris-Roubaix, tout au long des secteurs pavés et dans cet "Enfer du Nord" de Wallers-Aremberg.
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jeudi 10 mars 2011

LA FLANDRE EN FOLIE, AU CARNAVAL DE BAILLEUL

Cinquante chars animaient de défilé du Mardis Gras dans Bailleul la Belle, au pied des Monts des Flandres. Le docteur "Picolissimo", accueilli en grandes pompes à la mairie, au soleil levant, accompagnait le géant Gargantua assis sur son char tiré par quatre magnifiques chevaux blancs et accompagné par ses marmitons et ses Ecossais.

Tout au long du parcours où se massaient au moins trente mille carnavaleux en folie, venus de France mais aussi de Belgique, des Pays Bas et même d'Ecosse ou de Grande Bretagne, le docteur Picolissimo prodiguait ses soins particuliers aux "malades atteints de sinistrose", entre deux "averses" de confétis!

Depuis sa création en 1853, le carnaval de Bailleul a vu défiler quatre Gargantua: le premier, né la même année avec la société philantropique, qui assure toujours la gestion du carnaval; le second vit le jour après la Première Guerre Mondiale, en 1921, mais il fut décimé par les Allemands qui le dépouillèrent de son manteau pour tapisser leur Quartier Général! Le troisième fut dréé en 1947 sous une forme debout et plus jeune. Il sera détruit dans l'incendie de son hangar, en 1962. La même année, Gargantua IV naissait avec l'aide financière de la population de Bailleul.

Le carnaval de Bailleul est avec Nice et Dunkerque parmi les plus importants de France et dure cinq jours.
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