jeudi 2 juillet 2015

LES FAUX DE LA TAILLANDERIE DE LA DOYE-25-

Les cours d'eau, la forêt, le minerai de fer, permirent l'installation de forges et d'industries métallurgiques, au XIXème siècle, dans la montagne du Jura. Plus de 50 taillanderies et fabriques d'outils tranchants fonctionnaient dans la vallée du Doubs avant la Première Guerre mondiale.
Celle de la Doye-Nans sous Sainte Anne, créée en 1828 par Arsène LAGRANGE, fut reprise en 1865 par la famille PHILIBERT qui l'exploita jusqu'à sa fermeture en 1969. Aujourd'hui, elle constitue un musée vivant (son installation hydraulique est toujours en fonctionnement), classé Monument Historique en 1985. Les grandes roues à augets de son moulin et la turbine permettent au visiteur d'admirer les impressionnants systèmes mis en place pour la fabrication des outils tranchants et des faux.
Les roues à augets mesurent pas moins de cinq mètres de diamètre et actionnent quatre gros martinets de forge (de 40 à 250kg) qui battent le fer à raison de 150 coups-minute pour fabriquer les lames de faux. La roue extérieure alimentée par l'eau puisée à la source voisine entraîne deux soufflets géants construits entièrement en bois, uniques au monde, et déjà mentionnés en 1751!
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A voir absolument à Nans sous sainte Anne au lieu-dit La Doye - 25330-  03.81.86.64.18. ou sur: lataillanderie@wanadoo.fr.

LA FEE VERTE DE PONTARLIER-25-

C'est, avant tout, une histoire de famille.
En 1890, Armand GUY implante une distillerie d'absinthe à Pontarlier, dans le Doubs. Il peut se fournir en eau à la source voisine et fournir en boissons les artilleurs du camp des Paresseuses stationnés dans la ville. A l'époque, il a vingt ans et pontarlier compte pas moins de 23 distilleries et 150 débits de boissons pour une population de 10.000 habitants dont 3000 au service des distilleries.
En 1914, son fils Georges le rejoint à la distillerie familiale après un service-armées dans une guerre interdisant l'absinthe! Dès 1921, il fabrique le Pontarlier-Anis, en attendant le retour de la "fée verte"... Il commercialise toute une gamme de spiritueux dont il a appris la fabrication depuis l'âge de 13 ans, dans le giron de son père: arquebuse, angélique, liqueur de pucelle, esprits d'andaye, chartreuse, canelle, curaçao, antziq, etc...Mais aussi l'élixir national à 80% de vol!
Tous ces secrets de distillerie, Georges GUY les apprendra à son fils Pierre (1931) qui modernisera considérablement l'entreprise familiale: "J'ai baigné  dès mes premiers pas dans les odeurs des alambics fumants, l'alchimie des cuivres chauffant le fruit par la distillation. J'en ai fait un métier et une passion".
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En 1964, François, fils de Pierre, la quatrième génération, ressuscite l'absinthe de son arrière-grand-père Armand et nous fait savourer avec modération le parfum du "Vert Sapin", la liqueur de bourgeons du sapin du Haut-Doubs.

LES MYNES DES DUCS DE LORRAINE AU XVIè SIECLE

Nous sommes dans la forêt Vosgienne du Thillot (88), au XVIème siècle. L'exploitation de l'argent décline rapidement et les seigneurs locaux, propriétaires des sites miniers, commencent à développer celle du cuivre sur le territoire forestier du Thillot où trois mines vont connaître un essort important: Saint Charles, exploité de 1561 à 1761,, dans une galerie de 400 mètres de long, à 80m de profondeur; St Henry (1587 au XVIIIème); et St Nicolas (1596 à 1702).
Deux siècles d'exploitation à l'échelle humaine qui modifièrent le paysage et la forêt vosgienne: excavations, haldes (terrils minuscules), création de chemins, déboisement pour faire le charbon de bois, détournement de rivières, création d'étangs, canalisations, stations hydrauliques pour évacuer l'eau dans les galeries.
Certains mineurs construisirent leur maison aux abords de leur mine, en communauté, donnant ainsi naissance aux corons si caractéristiques dans les régions minières. Un régime social particulier fut mis en place pour la corporation minière.
Au XVIème siècle, les puits et galeries étaient creusés à la main au moyen de pointerolles; il fallait un an de travail pour creuser quelques mètres de galerie! On utilisa ensuite la poudre puis l'explosif jusqu'au XVIIIè. Durant ses huit heures de labeur harassant, le mineur s'éclairait à la lampe à suif; les 10-150gr de suif nécessaires pour sa lampe, les pointerolles, la poudre, l'explosif, les fleurets, étaient vendus au mineur qui, rappelons-le, était, avant tout, actionnaire dans l'exploitation de la mine.
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Le patrimoine minier du Massif vosgien a engendré une activité considérable entre le Moyen Age et le milieu du XIXème siècle. Pendant cinq siècles, l'exploitation de l'argent, du cuivre, et d'autres métaux fluctua au gré des nouvelles techniques. Lorsque la houille commença à être exploitée dans le 59/62, l'épopée minière Vosgienne n'était plus qu'un lointain souvenir...!

LE TEMPS DES CERISES A FOUGEROLLES-70-

Les représentants du CGA ont profité de leur séjour en Franche Comté pour y découvrir quelques nouveaux patrimoines qu'ils ont enfermés précieusement dans leurs "boîtes à photos"...
Nous pénétrons d'abord au Musée de la Cerise, à Fougerolles, en Haute Saône (70), où la cueillette des "merises", destinées exclusivement à la distillerie du kirsch, vient de débuter. Les cerises y sont soumises à la fermentation puis versées dans les alambics pour y cuire de façon très régulière. Au bout d'une heure, les premières gouttes d'alcool sortent de l'alambic et sont fractionnées en produits de "tête", de "coeur", et de "queue". Les premiers sont réinjectés dans la cuisson suivante; ceux de coeur (alcool de 48 à 70°) constitue le kirsch qui sera commercialisé; les produits de queue ou petites eaux, légèrement acidulés, sont recuits avec de nouveaux fruits. La "cuite" (comprendre: cuisson...) dure environ deux heures.
Pour la petite histoire, c'est en 1829 que DJ AUBRY se lance, au Petit Fahys, dans la production du kirsch. L'entreprise se développe considérablement jusqu'à ce que son petit-fils la dilapide totalement en 1888. Reprise en mains par plusieurs propriétaires successifs, elle va se développer à nouveau avant de fusionner en 1979 avec la distillerie de Fougerolles. Cette dernière et la Société d'Agriculture de la Haute Saône en feront un Ecomusée que nous vous conseillons vivement de visiter.
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Ecomusée du Pays de la Cerise - 70220 Le Petit Fahys - 03.84.49.52.50. ou ecomusee.fougerolles@orange.fr.